Chez Nous - 08 febbraio 2026, 08:00

Brigades rouges et petites faces noires

Brigate rosse e facette nere

C’è un fantasma che la destra italiana continua a evocare con insistenza ciclica: quello delle Brigate rosse. Un richiamo ossessivo, fuori dal tempo, buono per alimentare paura, costruire allarme sicurezza e convincere gli italiani che l’unico argine possibile sia votare a destra. Peccato che quel fantasma non esista più. Le Brigate rosse sono storia, archivio, manuali universitari. Oggi non ci sono. Punto.

Quello che c’è, invece, è un Paese socialmente ed economicamente a pezzi. Famiglie che faticano ad arrivare a fine mese, salari fermi, pensioni erose dall’inflazione, giovani costretti a emigrare e un ceto medio che si assottiglia ogni anno di più. Altro che terrorismo rosso: la vera emergenza nazionale sono i buchi della cinghia, che gli italiani stringono sempre più, mentre pochi continuano ad arricchirsi.

Nel frattempo, mentre si agita lo spauracchio delle Brigate rosse, nello spazio pubblico si muovono realtà ben diverse: frange violente, gruppi radicali, black bloc che nulla hanno a che vedere con la tradizione della sinistra sociale e che, secondo una lettura ormai diffusa, finiscono spesso per fare il gioco dell’estrema destra. È la vecchia teoria degli opposti che si congiungono: caos, scontro, piazze incendiate utili solo a chi vuole giustificare repressione, stato d’eccezione e restrizione dei diritti.

La destra, infatti, non offre soluzioni ai problemi reali. Non parla di redistribuzione, di salari, di precarietà, di sanità pubblica impoverita. Preferisce costruire un racconto emergenziale, perché la paura è un collante elettorale potente. Ma mentre si grida all’allarme sicurezza, il Paese scivola lentamente verso una disuguaglianza strutturale: i poveri sempre più poveri, i ricchi sempre più ricchi.

Ed è qui che il disegno diventa più chiaro. L’obiettivo non è migliorare la giustizia, ma mettere mano alla Costituzione, ridisegnare gli equilibri istituzionali, indebolire i contrappesi. La riforma della giustizia proposta non accelera i processi, non riduce l’arretrato, non migliora il servizio ai cittadini. Serve piuttosto a colpire l’autonomia della magistratura, trasformandola in un terreno di controllo politico.

Altro che Brigate rosse: oggi il rischio non viene dal passato, ma da un presente in cui si tenta di normalizzare l’idea che diritti, garanzie e separazione dei poteri siano ostacoli e non pilastri della democrazia. Le faccette nere non marciano più in camicia, ma parlano di efficienza, ordine, governabilità. Il risultato, però, è sempre lo stesso: meno diritti per molti, più potere per pochi.

Se c’è una strada da indicare per contrastare questa deriva, è quella di riportare il dibattito sul terreno reale: lavoro, redditi, servizi pubblici, uguaglianza sostanziale. Difendere la Costituzione non per nostalgia, ma perché è l’ultimo argine contro un modello di società ingiusta e autoritaria.

Le Brigate rosse non ci sono più. Quello che resta sono le tasche vuote degli italiani. E finché si continuerà a parlare di fantasmi, qualcuno continuerà a svuotarle ancora.

Brigate rosse e facette nere

Il y a un spectre que la droite italienne continue d’agiter avec une régularité presque pathologique : celui des Brigades rouges. Un fantôme poussiéreux, bon pour les musées et les manuels d’histoire, mais encore utile pour fabriquer de la peur, créer une alarme sécuritaire et pousser les Italiens à voter « du bon côté ». Problème : ce fantôme n’existe plus. Les Brigades rouges appartiennent au passé. Fin de l’histoire.

Ce qui existe, en revanche, c’est un pays socialement et économiquement exsangue. Des familles qui ne bouclent plus les fins de mois, des salaires immobiles, des pensions rongées par l’inflation, un avenir amputé pour les jeunes et une classe moyenne en voie de disparition. Voilà la véritable urgence nationale. Pas le terrorisme rouge, mais les trous de la ceinture, que l’on serre toujours plus pendant que quelques-uns s’enrichissent toujours davantage.

Pendant que l’on brandit l’épouvantail des Brigades rouges, d’autres réalités occupent l’espace public : violences sans projet politique, groupes radicaux, black blocs sans racines sociales, souvent bien plus proches de l’esthétique et de la logique des petites faces noires que de toute tradition émancipatrice. Les extrêmes se rejoignent : le désordre sert toujours ceux qui rêvent d’ordre autoritaire.

La droite, elle, n’a pas de réponses aux problèmes réels. Elle ne parle ni de redistribution, ni de salaires, ni de précarité, ni de santé publique appauvrie. Elle préfère gouverner par la peur. Une vieille recette : quand le peuple a peur, il regarde ailleurs pendant que les inégalités explosent. Les pauvres plus pauvres, les riches plus riches : voilà le vrai bilan.

Et pendant ce temps, le projet avance. Pas celui d’une justice plus rapide ou plus efficace, mais celui d’une mise sous tutelle de la Constitution. La réforme de la justice proposée ne réduit ni les délais ni l’arriéré judiciaire. Elle sert surtout à affaiblir l’indépendance de la magistrature, à transformer un pouvoir de garantie en un pouvoir surveillé.

Il ne s’agit plus de Brigades rouges. Le danger ne vient pas du passé, mais d’un présent où l’on tente de faire passer les droits, les contre-pouvoirs et la séparation des pouvoirs pour des obstacles. Les faccettes noires ne défilent plus en uniforme : elles parlent de gouvernabilité, d’efficacité, d’ordre. Le résultat, lui, reste inchangé : moins de droits pour la majorité, plus de pouvoir pour une minorité.

S’il y a un combat à mener, il est là. Revenir aux choses sérieuses : travail, revenus, services publics, égalité réelle. Défendre la Constitution non par nostalgie, mais parce qu’elle reste le dernier rempart contre une société injuste et autoritaire.

Les Brigades rouges n’existent plus.
Ce qui reste, ce sont les poches vides des Italiens.
Et tant que l’on continuera à parler de fantômes, quelqu’un continuera à les vider.

piero.minuzzo@gmail.com