C’è una frase che Giorgia Meloni pronunciava quando stava all’opposizione e che oggi le rimbalza addosso come un boomerang carico di benzina: le accise sono un “pizzo di Stato”. Parole sue. E parole vere. Il problema è che oggi quello stesso pizzo viene incassato dallo Stato che lei guida, senza alcuna intenzione di rinunciarvi.
Le accise sono imposte indirette applicate sui consumi, non sul reddito. Colpiscono tutti allo stesso modo, senza alcuna progressività: l’operaio, il professionista, il pensionato, il pendolare. E colpiscono soprattutto chi non può fare a meno di muoversi. Altro che equità fiscale.
I numeri spiegano meglio di qualsiasi slogan. Su un litro di gasolio il cittadino paga circa un euro di tasse complessive, tra accise e IVA.
L’accisa sul gasolio è pari a circa 0,617 euro al litro, a cui si aggiunge l’IVA al 22%, calcolata anche sull’accisa stessa. Una tassa sulla tassa.
Sulla benzina va persino peggio: l’accisa è di circa 0,728 euro al litro, sempre gravata dall’IVA. In pratica, quando si fa il pieno, oltre metà del prezzo finisce direttamente nelle casse dello Stato. Altro che mercato: qui il primo beneficiario è il fisco.
In teoria, le accise nascono per far fronte a emergenze gravi e straordinarie: guerre, calamità naturali, crisi improvvise che richiedono risorse immediate. Il principio sarebbe persino comprensibile: c’è un’emergenza, si chiede un sacrificio temporaneo ai cittadini. Finita l’emergenza, dovrebbe cessare anche l’accisa.
Ma in Italia questo secondo passaggio non avviene mai.
L’emergenza finisce, la ricostruzione si conclude, i decenni passano, ma l’accisa resta. Si incolla al prezzo del carburante e da misura straordinaria si trasforma in prelievo permanente, una tassa fossilizzata che sopravvive a governi, regimi e persino alla storia.
Il caso più grottesco è quello dell’accisa per la guerra d’Etiopia del 1935-1936. Una guerra coloniale combattuta quasi novant’anni fa, sotto il regime fascista, che continua ancora oggi a pesare su ogni pieno di benzina. L’Impero è crollato, il regime è caduto, l’Italia è diventata una Repubblica, ma l’accisa no: quella è immortale.
E non è un’eccezione.
Nel prezzo di benzina e gasolio sopravvive un vero e proprio museo delle emergenze, tutte rigorosamente superate ma mai archiviate dal fisco:
- Guerra d’Etiopia (1935-36): accisa ancora attiva dopo quasi un secolo
- Alluvione del Polesine (1951)
- Crisi di Suez (1956)
- Disastro del Vajont (1963)
- Alluvione di Firenze (1966)
- Terremoto del Belice (1968)
- Terremoto del Friuli (1976)
- Terremoto dell’Irpinia (1980)
- Missione in Libano (1983)
- Missioni nei Balcani (anni ’90)
- Rinnovo del contratto degli autoferrotranvieri (2004)
- Acquisto di autobus “ecologici” (2005)
- Terremoto dell’Aquila (2009)
- Emergenza migranti (2011)
- Terremoto in Emilia-Romagna (2012)
Emergenze reali, tragedie vere. Ma nessuna di queste può giustificare una tassa eterna. Qui non siamo più davanti a un contributo straordinario, ma a una rendita fiscale strutturale, mantenuta per pura convenienza.
Perché lo Stato di Meloni non le toglie? La risposta è semplice e brutale: perché le accise fanno comodo. Garantiscono allo Stato decine di miliardi di euro l’anno, un gettito certo, quotidiano, automatico. Rinunciarvi significherebbe trovare coperture vere, fare scelte politiche scomode, spiegare ai cittadini dove tagliare o come riorganizzare la spesa.
Molto più facile tenere tutto com’è e continuare a incassare, magari parlando d’altro.
E ora lo sguardo va avanti. Con la diffusione delle auto elettriche, il gettito delle accise sui carburanti tradizionali è destinato a calare. E cosa pensa di fare il governo? Ridurre la pressione fiscale? Illusione.
L’ipotesi che circola è quella di trasferire il meccanismo delle accise sulle ricariche elettriche. Non le chiameranno accise, certo. Useranno nomi più moderni, più verdi. Ma la sostanza resterà la stessa: tassare la mobilità, qualunque sia la tecnologia utilizzata.
Prima il pieno. Poi la spina. Sempre il portafoglio.
Giorgia Meloni aveva ragione quando parlava di pizzo di Stato. Aveva ragione allora. Ma oggi governa quello stesso Stato e quel pizzo non solo non è stato abolito, è stato normalizzato e difeso.
Le accise non sono una fatalità. Sono una scelta politica.
E la scelta, oggi, è chiara: non toccarle.
Il resto è propaganda. E come sempre, a pagare, sono quelli che non possono spegnere il motore. O scollegare la presa.
Pizzo di Stato meloniano
Il y a une phrase que Giorgia Meloni prononçait lorsqu’elle était dans l’opposition et qui aujourd’hui lui revient en plein visage comme un boomerang chargé d’essence : les accises seraient un « racket d’État ». Ses mots. Et des mots justes. Le problème, c’est qu’aujourd’hui ce même racket est encaissé par l’État qu’elle dirige, sans la moindre intention d’y renoncer.
Les accises sont des impôts indirects appliqués à la consommation, et non au revenu. Elles frappent tout le monde de la même manière, sans aucune progressivité : l’ouvrier, le professionnel, le retraité, le pendulaire. Et elles frappent surtout ceux qui ne peuvent pas se passer de se déplacer. On est loin de toute équité fiscale.
Les chiffres parlent mieux que n’importe quel slogan. Sur un litre de gazole, le citoyen paie environ un euro de taxes au total, entre accises et TVA.
L’accise sur le gazole s’élève à environ 0,617 euro par litre, à quoi s’ajoute la TVA à 22 %, calculée également sur l’accise elle-même. Un impôt sur l’impôt.
Sur l’essence, c’est encore pire : l’accise atteint environ 0,728 euro par litre, toujours grevée par la TVA. En pratique, lorsque l’on fait le plein, plus de la moitié du prix finit directement dans les caisses de l’État. Loin du marché libre : ici, le premier bénéficiaire, c’est le fisc.
En théorie, les accises sont instaurées pour faire face à des urgences graves et extraordinaires : guerres, catastrophes naturelles, crises soudaines nécessitant des ressources immédiates. Le principe serait même compréhensible : il y a une urgence, on demande un sacrifice temporaire aux citoyens. Une fois l’urgence terminée, l’accise devrait disparaître.
Mais en Italie, ce deuxième passage n’a jamais lieu.
L’urgence s’achève, la reconstruction se termine, les décennies passent, mais l’accise reste. Elle se colle au prix du carburant et, de mesure exceptionnelle, se transforme en prélèvement permanent, un impôt fossilisé qui survit aux gouvernements, aux régimes et même à l’histoire.
Le cas le plus grotesque est celui de l’accise liée à la guerre d’Éthiopie de 1935-1936. Une guerre coloniale menée il y a presque quatre-vingt-dix ans, sous le régime fasciste, qui continue encore aujourd’hui à peser sur chaque plein d’essence. L’Empire s’est effondré, le régime est tombé, l’Italie est devenue une République, mais l’accise, elle, non : elle est immortelle.
Et ce n’est pas une exception.
Dans le prix de l’essence et du gazole survit un véritable musée des urgences, toutes rigoureusement dépassées mais jamais archivées par le fisc :
· Guerre d’Éthiopie (1935-36) : accise encore en vigueur après presque un siècle
· Inondation du Polesine (1951)
· Crise de Suez (1956)
· Catastrophe du Vajont (1963)
· Inondation de Florence (1966)
· Tremblement de terre du Belice (1968)
· Tremblement de terre du Frioul (1976)
· Tremblement de terre de l’Irpinia (1980)
· Mission au Liban (1983)
· Missions dans les Balkans (années 1990)
· Renouvellement de la convention des transports publics (2004)
· Achat d’autobus « écologiques » (2005)
· Tremblement de terre de L’Aquila (2009)
· Urgence migratoire (2011)
· Tremblement de terre en Émilie-Romagne (2012)
Des urgences réelles, des tragédies véritables. Mais aucune d’entre elles ne peut justifier un impôt éternel. Nous ne sommes plus face à une contribution exceptionnelle, mais à une rente fiscale structurelle, maintenue par pure convenance.
Pourquoi l’État de Meloni ne les supprime-t-il pas ? La réponse est simple et brutale : parce que les accises arrangent tout le monde au sommet. Elles garantissent à l’État des dizaines de milliards d’euros par an, un revenu certain, quotidien et automatique. Y renoncer signifierait trouver de véritables compensations, faire des choix politiques impopulaires, expliquer aux citoyens où couper ou comment réorganiser la dépense publique.
Il est bien plus facile de laisser les choses en l’état et de continuer à encaisser, quitte à parler d’autre chose.
Et maintenant, regard vers l’avenir. Avec la diffusion des voitures électriques, les recettes issues des accises sur les carburants traditionnels sont appelées à diminuer. Et que pense faire le gouvernement ? Réduire la pression fiscale ? Illusion.
L’hypothèse qui circule est celle de transférer le mécanisme des accises sur les recharges électriques. On ne les appellera pas accises, bien sûr. On utilisera des noms plus modernes, plus verts. Mais la substance restera la même : taxer la mobilité, quelle que soit la technologie utilisée.
D’abord le plein. Ensuite la prise. Toujours le portefeuille.
Giorgia Meloni avait raison lorsqu’elle parlait de racket d’État. Elle avait raison alors. Mais aujourd’hui, elle gouverne ce même État et ce racket non seulement n’a pas été aboli, il a été normalisé et défendu.
Les accises ne sont pas une fatalité. Elles sont un choix politique.
Et le choix, aujourd’hui, est clair : ne pas y toucher.
Le reste, c’est de la propagande. Et comme toujours, ce sont ceux qui ne peuvent pas couper le moteur — ou débrancher la prise — qui paient.