À l’occasion de l’Épiphanie, l’Abbé Ferdinand Nindorera nous rappelle le sens profond de la manifestation de Dieu à travers l’enfant Jésus. Des Mages à Hérode, de la contemplation à la prière pour nos dirigeants, ce texte mêle tradition, réflexion spirituelle et appel à la justice et à la paix dans le monde.
Introduction: la manifestation de Dieu
Frères et sœurs bien-aimés de Dieu, aujourd'hui, c'est l'Épiphanie du Seigneur. Épiphanie signifie la manifestation. Dans l'empire romain, l'apparition de l'empereur dans sa splendeur, entouré de ses services de protection, était considérée comme une épiphanie. Comment appliquer cette grande solennité à un petit enfant de Bethléem, né dans la pauvreté, dans une grotte?
Les Rois Mages nous aident à comprendre que la grandeur ne réside pas dans l’apparence trompeuse. Leur regard se convertit pour contempler dans cet enfant "le Sauveur du monde". Sans purification de l’œil intérieur, on reste sceptique, athée, aveugle. Jésus dit dans le Discours sur la montagne : « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. »
1. Itinéraire spirituel des Mages
Qui sont ces Rois Mages qui quittent leur terre de tranquillité pour suivre l’étoile jusqu’à Bethléem? D’où viennent-ils? Quelle est la nature de cette étoile? Le verbe "orienter" vient de "Orient", où le soleil se lève, tandis que l’Occident est là où le soleil ne connaît pas de déclin. Jésus est le vrai Soleil de justice qui ne s’éteint jamais.
Nous pouvons considérer l’Épiphanie comme l’homme en quête de sens, et Jésus comme "la voie, la vérité et la vie" (Jn14,6). Selon la tradition, les Mages viennent de l’Euphrate, terre de la déportation juive après la destruction de Jérusalem. Ce ne sont pas des rois au sens politique, mais des chercheurs de vérité. Leur science consiste à discerner, dans la multiplicité des étoiles, celle qui mène à la véritable destination : la grotte de Bethléem, où naît le Roi des rois.
2. Hérode a peur, Jésus est adoré
Les Mages ne vont pas directement à Bethléem. Ils passent par Jérusalem. Comme dans toute recherche, l’erreur est possible. Les Mages s’arrêtent, questionnent le roi ignorant. À peine entend-il parler de ce nouveau roi qu’il panique. Son cœur s’obscurcit, les ténèbres couvrent Jérusalem.
Hérode, vêtu d’or, est aussi menteur. Il demande aux chercheurs de vérité : « Allez vous renseigner sur l’enfant, puis revenez me dire pour que je m’incline devant lui. » Mais déjà, il planifie une guerre contre l’enfant. Les Mages, experts dans l’interprétation des signes, voient son visage se transformer en un monstre "Kakos", divinité grecque de la laideur.
Ils poursuivent leur voyage, guidés par l’étoile. Devant la grotte, ils se prosternent et offrent à Jésus or, encens et myrrhe. Contemplant l’enfant, ils ressentent une grande joie. La présence de Jésus réchauffe les cœurs des humbles.
3. L’Épiphanie et l’Église
Pourquoi célébrer cette fête jusqu’à la fin des temps? Parce que nous célébrons Dieu qui est, qui était et qui vient pour les siècles des siècles. Jésus est présent dans nos cœurs, dans son Église, et pour tous ceux de bonne volonté. Il est absent seulement des cœurs endurcis et avides de pouvoir, comme Hérode.
Jésus nous assure : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt18,20). Il est présent dans l’Eucharistie et les sacrements. Les Mages, transformés par cette rencontre, appliquent la prière du psalmiste à leur vie : « Je t’ai contemplé au sanctuaire, voyant ta puissance et ta gloire. Ton amour vaut mieux que la vie. »
4. Prière pour nos dirigeants
Seigneur, Roi qui gouverne avec justice, inspire les rois de la terre à renoncer à la volonté de puissance pour adorer Dieu. Suscite des dirigeants qui prient en esprit et en vérité, délivrent le pauvre, protègent le faible, et deviennent instruments de paix.
Heureuse fête de l’Épiphanie. Paix et joie dans nos cœurs et dans le monde.
Ton frère, Abbé Ferdinand Nindoreraoré