L’incendie du bar « Le Constellation », à Crans-Montana, survenu dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, restera comme l’une des catastrophes les plus graves de l’histoire moderne de la Suisse. Le feu s’est déclaré peu après le passage à la nouvelle année, dans un établissement bondé, provoquant un mouvement de panique et des conséquences humaines dramatiques.
Selon le dernier bilan communiqué par les autorités, environ quarante personnes ont perdu la vie et cent dix-neuf autres ont été blessées, dont quatre-vingts se trouvent dans un état critique. La majorité des victimes sont des jeunes, issus de plusieurs nationalités, notamment suisse, française et italienne, ce qui confère au drame une dimension internationale.
Les premières conclusions de l’enquête privilégient la piste accidentelle. L’incendie aurait été déclenché par l’utilisation de bougies scintillantes, des engins pyrotechniques de table, qui auraient enflammé la mousse acoustique installée au plafond du sous-sol. Ce matériau hautement inflammable aurait provoqué un embrasement généralisé éclair, un phénomène de type « flashover », laissant très peu de chances de fuite aux personnes présentes.
Sur le plan judiciaire, une instruction pénale a été ouverte contre les deux gérants de l’établissement. Ils sont poursuivis pour homicide par négligence et lésions corporelles par négligence, les enquêteurs cherchant à établir d’éventuelles responsabilités dans le choix des matériaux, l’aménagement des locaux et le respect des normes de sécurité incendie.
L’ampleur du drame a déclenché une vive polémique à l’échelle nationale sur la politique de protection civile et la sécurité dans les lieux recevant du public. De nombreuses critiques portent sur la fréquence et la rigueur des contrôles de sécurité incendie dans les établissements nocturnes, en particulier lors de soirées à très forte affluence comme celle du Nouvel An.
La question des normes applicables aux matériaux de rénovation est également au cœur du débat. L’utilisation de mousse acoustique hautement inflammable interroge sur les procédures d’homologation et sur le respect des directives de l’AEAI, l’Association des établissements cantonaux d’assurance incendie, censée fixer des standards stricts en matière de prévention.
Enfin, si la chaîne de secours a été massive et rapide, avec l’intervention d’hélicoptères et le transfert de grands brûlés vers des hôpitaux spécialisés en France, en Italie et en Allemagne, certains observateurs s’interrogent sur la capacité réelle des stations de montagne à gérer un afflux simultané de victimes d’une telle ampleur.
Au-delà de l’émotion, le drame de Crans-Montana pose une question centrale : celle de l’équilibre entre attractivité touristique, événements festifs et sécurité, dans des territoires qui vivent de l’accueil mais ne peuvent se permettre la moindre approximation lorsqu’il s’agit de vies humaines.