Chez Nous - 14 dicembre 2025, 08:00

Grands-parents et manœuvre

Nonni e manovra

C’è una voce che non compare mai nelle tabelle della manovra economica, non ha un capitolo di spesa dedicato, non produce PIL misurabile eppure regge una parte enorme del welfare italiano. È la voce dei nonni. Silenziosa, costante, indispensabile.

In Italia i nonni non sono solo affetto e memoria: sono un ammortizzatore sociale vero e proprio. Secondo stime Istat e Censis, oltre 7 milioni di nonni contribuiscono regolarmente alla cura dei nipoti. Più della metà delle famiglie con figli piccoli fa affidamento quotidiano su di loro per l’accudimento, il trasporto a scuola, l’assistenza nei pomeriggi infiniti tra compiti, febbri improvvise e genitori che lavorano. Se questo lavoro fosse retribuito, varrebbe decine di miliardi di euro l’anno. Ma siccome si chiama amore, non entra nei bilanci dello Stato.

Eppure, senza i nonni, molte famiglie semplicemente non starebbero in piedi. In un Paese dove un asilo nido privato può costare quanto un affitto, dove il tempo pieno a scuola è una chimera e dove il lavoro è spesso precario e mal pagato, sono loro a colmare i vuoti lasciati dalle politiche pubbliche. Nonni che accompagnano i nipoti a scuola perché i genitori iniziano a lavorare all’alba. Nonni che tengono i bambini fino a sera perché un part-time non basta a pagare le bollette. Nonni che anticipano soldi per i libri, la mensa, le scarpe nuove, perché “a fine mese non ce la facciamo”.

Il dato più crudo è questo: oltre il 30% delle famiglie con figli riceve aiuti economici diretti dai nonni. Pensioni che diventano reddito familiare allargato. Risparmi messi da parte in una vita di lavoro che oggi servono per garantire una normalità ai nipoti: una gita scolastica, uno sport, un quaderno in più. Altro che “privilegiati”.

E mentre la manovra discute di tagli, di coefficienti, di sostenibilità e di sacrifici, i nonni continuano a fare quello che hanno sempre fatto: reggere l’urto. Ma a differenza dei mercati finanziari, loro non possono permettersi scossoni. Pensioni ferme, sanità sempre più distante, inflazione che mangia tutto. Eppure nessuno li chiama mai “categoria fragile”. Forse perché non protestano. Forse perché non scioperano. Forse perché, semplicemente, tengono duro.

C’è anche un altro aspetto, più profondo e meno misurabile. I nonni sono stabilità emotiva in un tempo di incertezza. Sono il punto fermo per bambini che crescono in famiglie sotto pressione economica. Sono quelli che spiegano la pazienza, il rispetto, il valore delle cose piccole. In un’Italia che fa sempre meno figli, sono spesso loro a tenere acceso il senso stesso di continuità.

La verità è che senza i nonni questa società sarebbe molto più diseguale. Le famiglie che “non hanno possibilità economiche”, quelle che faticano persino a garantire la frequenza scolastica serena ai figli, oggi sopravvivono grazie a loro. Non per assistenzialismo, ma per dignità. Perché un nonno non ti dà l’elemosina: ti tende una mano.

E allora, mentre si parla di manovra, forse una domanda andrebbe posta con onestà: quanto risparmia lo Stato grazie ai nonni? E soprattutto: quanto ancora può permettersi di darli per scontati?

Perché se il welfare invisibile dei nonni si spezza, non basterà nessuna finanziaria a rimettere insieme i pezzi.

Nonni e manovra

Grands-parents et manœuvre : le trésor invisible que le gouvernement oublie

Il y a une voix qui n’apparaît jamais dans les tableaux de la manœuvre économique, qui n’a pas de chapitre de dépenses dédié, qui ne produit pas de PIB mesurable et pourtant soutient une part énorme du système de protection sociale italien. C’est la voix des grands-parents. Silencieuse, constante, indispensable.

En Italie, les grands-parents ne sont pas seulement affection et mémoire : ce sont de véritables amortisseurs sociaux. Selon l’Istat et le Censis, plus de 7 millions de grands-parents contribuent régulièrement à la garde de leurs petits-enfants. Plus de la moitié des familles avec de jeunes enfants dépendent d’eux au quotidien pour les soins, les trajets scolaires, l’aide pendant les après-midis interminables entre devoirs, fièvres soudaines et parents au travail. Si ce travail était rémunéré, il vaudrait des dizaines de milliards d’euros par an. Mais comme il s’appelle amour, pas un euro n’apparaît dans les budgets de l’État.

Et pourtant, sans eux, beaucoup de familles s’effondreraient. Dans un pays où une crèche privée peut coûter autant qu’un loyer, où l’école à temps plein relève du mythe et où le travail est souvent précaire et mal payé, ce sont eux qui comblent les vides laissés par les politiques publiques. Des grands-parents qui accompagnent les enfants à l’école parce que les parents commencent à travailler à l’aube. Des grands-parents qui gardent les enfants jusqu’au soir parce qu’un mi-temps ne suffit pas à payer les factures. Des grands-parents qui avancent de l’argent pour les livres, la cantine, de nouvelles chaussures, parce qu’« à la fin du mois, on n’y arrive pas ».

Le chiffre le plus frappant ? Plus de 30 % des familles avec enfants reçoivent une aide directe des grands-parents. Des pensions qui deviennent un revenu familial élargi. Des économies mises de côté toute une vie qui servent aujourd’hui à garantir une normalité aux petits-enfants : une sortie scolaire, un sport, un cahier supplémentaire. Autrement dit, loin d’être des « privilégiés ».

Et pendant que le gouvernement débat de coupes, de coefficients, de durabilité et de sacrifices, les grands-parents continuent à faire ce qu’ils ont toujours fait : tenir le choc. Mais contrairement aux marchés financiers, eux ne peuvent pas se permettre de secousses. Pensions bloquées, santé de plus en plus éloignée, inflation qui dévore tout. Et pourtant, personne ne les appelle jamais « catégorie fragile ». Peut-être parce qu’ils ne manifestent pas devant Montecitorio. Peut-être parce qu’ils ne font pas grève. Ou peut-être simplement parce qu’ils tiennent bon, pendant que nos politiques oublient que ce sont eux qui tiennent la société.

Et il y a encore un autre aspect, plus profond et intangible. Les grands-parents sont une stabilité émotionnelle dans un monde incertain. Ils sont le point d’ancrage pour des enfants grandissant dans des familles sous pression économique. Ce sont eux qui enseignent la patience, le respect, la valeur des petites choses. Dans une Italie qui fait de moins en moins d’enfants, ce sont souvent eux qui maintiennent allumée la flamme même du sens de la continuité.

La vérité ? Sans les grands-parents, cette société serait beaucoup plus inégale. Les familles « sans moyens économiques », celles qui peinent à assurer une scolarité sereine à leurs enfants, survivent aujourd’hui grâce à eux. Pas par charité, mais par dignité. Parce qu’un grand-parent ne tend pas la main pour recevoir des applaudissements, il tend la main pour faire tenir les familles.

Alors, pendant que la manœuvre est discutée, posons la question à nos élus : combien l’État économise-t-il grâce aux grands-parents ? Et surtout, combien de temps encore peut-il se permettre de les ignorer ?

Parce qu’un jour, si le « welfare invisible » des grands-parents se fissure, aucune loi, aucun décret, aucun tableau Excel ne suffira à rassembler les morceaux. Et ce jour-là, le gouvernement découvrira, à ses dépens, que ce trésor invisible n’est pas inépuisable.

piero.minuzzo@gmail.com