Chez Nous - 09 dicembre 2025, 08:00

Trump, Musk, Putin et Salvini

Trump, Musk, Putin e Salvini

I quattro alfieri della destabilizzazione. I giullari della paura e i nani della nostra politica.

Sono ormai anni che siamo costretti a convivere con una narrazione tossica, martellante e studiata a tavolino: l’Europa sarebbe inutile, dannosa, un gigante tecnocratico senza anima. E mentre noi discettiamo sui massimi sistemi, sui trattati, sugli spread e sulle percentuali, quattro alfieri – Trump, Musk, Putin e Salvini – avanzano su scacchiere diverse ma con un medesimo obiettivo: indebolire, frantumare, spezzare l’idea stessa di Europa. L’Europa del dopoguerra, quella nata fra le macerie delle bombe e dalle lacrime di chi le bombe le aveva viste cadere.

Trump e Putin: due volti della stessa minaccia. Uno gioca a far saltare gli equilibri globali come se fossero pedine Lego, convinto che la storia sia un palcoscenico per il suo ego. L’altro, fra carri armati e propaganda, persegue il vecchio sogno imperiale travestito da memoria storica. E nel mezzo, il tycoon Musk, che plasma opinioni come se fossero algoritmi: la libertà di parola ridotta a un tweet mentre le piattaforme diventano arsenali dove si sparano identità, fake news e odio.

E Salvini? L’alfiere di casa nostra, quello che ha trasformato la politica in un karaoke permanente in cui il volume conta più delle parole. Si batte il petto a difesa delle tradizioni ma poi si accoda agli interessi dei potenti di turno, con la stessa disinvoltura di chi sceglie il vestito in base alla diretta social programmata nel pomeriggio.

Il punto, però, non sono loro. Loro fanno il loro gioco. Il vero dramma è che la nostra classe dirigente si dimostra ogni giorno più pavida, impaurita, attaccata alla sedia con la colla vinilica. Siamo governati da una generazione di ominicchi, pigliainculo e quaquaraquà per dirla alla Sciascia: incapaci di alzare lo sguardo, di parlare ai popoli prima che agli algoritmi dei sondaggi. Leader che si aggrappano a poltrone traballanti mentre il mondo brucia, mentre le culture si impoveriscono, mentre le tradizioni vengono trasformate in souvenir per turisti distratti.

E nel frattempo, chi ragiona, chi studia, chi lavora, chi ha passato la vita a credere in un ideale – non l’élite, ma la gente normale – rimane in silenzio. Dove sono le persone di buon senso? Dove si nascondono quelli che sanno distinguere tra dissenso e distruzione, tra critica e sabotaggio, tra libertà e invasione? La mancata sollevazione morale di questa parte sana della società pesa come un macigno.

A questo punto, paradossale ma vero, potrebbe toccare proprio ai due Paesi che più hanno fatto da motore o da contrappeso alla storia del continente – Germania e Inghilterra – impedire che si cada nelle fauci di chi sogna il ritorno a un mondo a blocchi, a sfere di influenza, ad alleanze vendute come abbonamenti premium. Berlino con la sua responsabilità economica, Londra con la sua diplomazia e il suo estro politico: gli unici, forse, ancora capaci di dire “no” con il peso che serve.

Si può amare l’Europa senza esserne ciechi. Si possono criticare i burocrati senza consegnare le chiavi a chi vorrebbe tornare alle bombe come linguaggio globale. La storia non torna mai indietro, ma presenta sempre il conto. E oggi ci chiede: vogliamo davvero lasciare il campo a chi usa la fede come un megafono, la libertà come provocazione, il dissenso come business, la pace come optional?

Non serve eroismo, serve responsabilità. Non servono rivoluzioni, ma un sussulto. Se i nani del potere continueranno a governare con lo sguardo piegato al like del giorno, allora toccherà ai popoli dimostrare di essere più alti di loro. Perché la pace non è una parola da conferenza stampa: è un destino da difendere ogni giorno, senza maschere e senza padroni.

Trump, Musk, Poutine et Salvini
Les quatre cavaliers de la déstabilisation – les bouffons de la peur et les nains de notre politique

Cela fait maintenant des années que nous sommes contraints de vivre avec une narration toxique, répétitive, programmée à la virgule près : l’Europe serait inutile, nuisible, un géant technocratique sans âme. Et pendant que nous débattons de traités, de pourcentages et d’équilibres fragiles, quatre cavaliers – Trump, Musk, Poutine et Salvini – avancent sur des échiquiers différents mais avec un objectif identique : affaiblir, fragmenter, briser l’idée même d’Europe. L’Europe de l’après-guerre, celle née des ruines des bombes et des larmes de ceux qui les avaient vues tomber.

L’un s’amuse à faire exploser les équilibres mondiaux comme s’il s’agissait de briques Lego, convaincu que l’Histoire n’est rien de plus qu’une scène pour son ego. L’autre, entre chars et propagande, poursuit l’ancien rêve impérial déguisé en mémoire historique. Et au milieu, le magnat Musk, qui modèle l’opinion comme on ajuste un algorithme : la liberté d’expression réduite à un tweet, pendant que les plateformes deviennent des arsenaux où l’on tire des identités, des fake news et de la haine.

Et Salvini ? Le cavalier de chez nous, celui qui a transformé la politique en karaoké permanent où le volume compte plus que les mots. Il tape sur sa poitrine pour défendre les traditions, puis s’aligne avec la même aisance sur les intérêts des puissants du moment, comme on choisit une veste en fonction de la vidéo en direct prévue dans l’après-midi.

Mais le vrai problème, ce n’est pas eux. Eux jouent leur jeu. Le véritable drame, c’est que notre classe dirigeante se révèle de jour en jour plus craintive, apeurée, scotchée à la chaise avec de la colle forte. Nous sommes gouvernés par une génération de demi-hommes, de lâches et de charlatans, pour reprendre Sciascia : incapables de lever les yeux, de parler aux peuples avant de parler aux algorithmes des sondages. Des dirigeants qui s’accrochent à des fauteuils bancals pendant que le monde brûle, que les cultures s’appauvrissent, que les traditions deviennent des souvenirs à vendre aux touristes distraits.

Et pendant ce temps, ceux qui réfléchissent, qui étudient, qui travaillent, qui ont consacré leur vie à un idéal – pas l’élite, mais les gens ordinaires – restent silencieux. Où sont les personnes de bon sens ? Où se cachent ceux qui savent distinguer entre dissidence et destruction, entre critique et sabotage, entre liberté et invasion ? L’absence de soulèvement moral de cette part saine de la société pèse comme un bloc de granite.

À ce stade, paradoxal mais vrai, il pourrait revenir aux deux pays qui ont le plus servi de moteur ou de contrepoids à l’histoire du continent – l’Allemagne et l’Angleterre – d’empêcher que nous tombions dans les mâchoires de ceux qui rêvent le retour à un monde de blocs, de sphères d’influence, d’alliances vendues comme des abonnements premium. Berlin avec sa responsabilité économique, Londres avec sa diplomatie et son flair politique : les seuls, peut-être, encore capables de dire « non » avec le poids nécessaire.

On peut aimer l’Europe sans être aveugle. On peut critiquer les bureaucrates sans remettre les clés à ceux qui voudraient revenir aux bombes comme langage global. L’Histoire ne revient jamais en arrière, mais elle présente toujours l’addition. Et aujourd’hui elle nous demande : voulons-nous vraiment laisser le champ à ceux qui utilisent la foi comme porte-voix, la liberté comme provocation, la dissidence comme business, la paix comme option ?

Il ne faut pas d’héroïsme, il faut de la responsabilité. Pas des révolutions, mais un sursaut. Si les nains du pouvoir continuent à gouverner avec les yeux rivés sur le like du jour, alors il reviendra aux peuples de montrer qu’ils sont plus grands qu’eux. Car la paix n’est pas un mot de conférence de presse : c’est un destin à défendre chaque jour, sans masques et sans maîtres.

piero.minuzzo@gmail.com