“Buongiorno, la ringrazio per aver appoggiato, attraverso il suo giornale, il referendum già dalla prima ora. A seguito delle parole del Presidente del comitato per il NO Giovanni Bachelet, che ha detto: ‘questa vittoria è come quella della lotta partigiana’. Io mi chiedo perché in Valle d’Aosta, medaglia d’oro alla Resistenza, nei Comuni che maggiormente hanno rappresentato la Resistenza come Valtournenche, Châtillon, Saint-Vincent, Verrès, Arnad, Champdepraz, ha vinto il sì. Come mai? Cosa ha prevalso? Sarebbe da analizzare.”
E’ un messaggio giunto in redazione ed è una domanda legittima. E anche scomoda. Perché costringe a guardarsi allo specchio, senza scorciatoie retoriche. E allora sì, analizziamolo davvero. Ma partendo da una premessa chiara: qui non è in discussione la memoria della Resistenza. È in discussione la memoria politica di oggi. Che, evidentemente, è corta. Molto corta.
Chi ha votato “sì” in quei Comuni non ha certo improvvisamente rinnegato la storia partigiana. Nessuno si è svegliato antifascista al contrario. Sarebbe una lettura pigra, oltre che falsa. Piuttosto, è successo qualcosa di più banale e più preoccupante: la storia è stata scollegata dal presente. La Costituzione è stata percepita come un oggetto lontano, quasi tecnico, mentre invece è il prodotto diretto di quella stessa Resistenza che qui, in Valle, viene giustamente celebrata ogni anno.
E qui sta il punto. Il “sì” non è stato un voto ideologico, ma spesso superficiale. Frutto di una narrazione martellante che ha venduto una riforma come “modernizzazione”, “efficienza”, “semplificazione”. Parole seducenti, vuote quanto basta per nascondere il resto. E il resto era semplice: mettere le mani sulla Costituzione.
Perché diciamolo chiaramente, senza girarci intorno: quelli del “sì” volevano cambiarla eccome, la Costituzione. E non con il bisturi, ma con l’accetta. Altro che aggiustamenti tecnici. Qui si trattava di riscrivere equilibri, pesi e contrappesi, ruolo del Parlamento, centralità dei territori. E in una regione autonoma come la nostra, questo dovrebbe far drizzare le antenne. Sempre.
Invece no. In molti casi ha prevalso la fiducia cieca verso chi stava al governo. O peggio, una certa stanchezza civica: “tanto qualcosa bisogna pur cambiare”. È la scorciatoia più pericolosa. Perché non tutto ciò che cambia migliora. Anzi, spesso è il contrario.
E allora torniamo alla domanda della lettrice: com’è possibile che nei luoghi simbolo della Resistenza abbia vinto il “sì”? È possibile perché la memoria, se non è coltivata, diventa rituale. Celebrazione senza conseguenze. Corone di fiori, discorsi ufficiali, e poi — al momento di scegliere — si vota senza collegare i puntini.
La Resistenza non è una cartolina. È un atto politico. È la radice della Costituzione. E difendere quella Costituzione, oggi, significa fare esattamente ciò che fecero i partigiani allora: opporsi a chi concentra il potere, a chi semplifica la democrazia fino a svuotarla, a chi considera gli equilibri istituzionali un fastidio.
Il paragone evocato da Bachelet potrà sembrare forte, ma il senso è quello: non si tratta di equiparare epoche e drammi, ma di ricordare che la Costituzione non è neutra. È una scelta. E chi vuole cambiarla profondamente fa una scelta politica precisa.
Poi certo, possiamo raccontarci che il voto è stato “complesso”, “articolato”, “territoriale”. Tutto vero. Ma resta una verità più semplice: in troppi hanno votato senza percepire cosa c’era davvero in gioco.
Memoria corta, appunto.
E la memoria corta, in politica, è sempre un problema. Perché apre la porta a chi ha idee molto chiare. Anche troppo.
Memoria corta
« Bonjour, je vous remercie d’avoir soutenu, à travers votre journal, le référendum dès le début. À la suite des propos du président du comité pour le NON, Giovanni Bachelet, qui a déclaré : “cette victoire est comme celle de la lutte partisane”. Je me demande pourquoi, en Vallée d’Aoste, médaille d’or de la Résistance, dans les communes qui ont le plus incarné la Résistance comme Valtournenche, Châtillon, Saint-Vincent, Verrès, Arnad, Champdepraz, c’est le OUI qui l’a emporté. Comment cela se fait-il ? Qu’est-ce qui a prévalu ? Cela mériterait une analyse. »
C’est un message parvenu à la rédaction, et c’est une question légitime. Et aussi dérangeante. Parce qu’elle oblige à se regarder dans le miroir, sans raccourcis rhétoriques. Alors oui, analysons-la vraiment. Mais en partant d’un constat clair : ici, ce n’est pas la mémoire de la Résistance qui est en cause. C’est la mémoire politique d’aujourd’hui. Qui, manifestement, est courte. Très courte.
Ceux qui ont voté « oui » dans ces communes n’ont certainement pas renié du jour au lendemain l’histoire partisane. Personne ne s’est réveillé antifasciste à l’envers. Ce serait une lecture paresseuse, en plus d’être fausse. Il s’est plutôt produit quelque chose de plus banal et de plus inquiétant : l’histoire a été déconnectée du présent. La Constitution a été perçue comme un objet lointain, presque technique, alors qu’elle est le produit direct de cette même Résistance que l’on célèbre à juste titre chaque année ici, dans la Vallée.
Et c’est bien là le cœur du problème. Le « oui » n’a pas été un vote idéologique, mais souvent superficiel. Le fruit d’un récit martelé qui a vendu une réforme comme « modernisation », « efficacité », « simplification ». Des mots séduisants, suffisamment vides pour masquer le reste. Et le reste était simple : mettre la main sur la Constitution.
Car disons-le clairement, sans détour : ceux du « oui » voulaient bel et bien la changer, la Constitution. Et pas avec un bistouri, mais à la hache. Rien à voir avec de simples ajustements techniques. Il s’agissait de réécrire les équilibres, les contre-pouvoirs, le rôle du Parlement, la centralité des territoires. Et dans une région autonome comme la nôtre, cela devrait toujours faire réagir.
Et pourtant non. Dans bien des cas, c’est une confiance aveugle envers ceux qui gouvernaient qui a prévalu. Ou pire, une certaine lassitude civique : « il faut bien changer quelque chose ». C’est le raccourci le plus dangereux. Parce que tout changement n’est pas synonyme d’amélioration. Bien au contraire.
Revenons alors à la question de la lectrice : comment est-il possible que, dans les lieux symboliques de la Résistance, le « oui » l’ait emporté ? C’est possible parce que la mémoire, si elle n’est pas cultivée, devient un rituel. Une célébration sans conséquences. Des couronnes de fleurs, des discours officiels, puis — au moment de choisir — un vote sans relier les points.
La Résistance n’est pas une carte postale. C’est un acte politique. C’est la racine de la Constitution. Et défendre cette Constitution aujourd’hui signifie faire exactement ce que firent les partisans hier : s’opposer à ceux qui concentrent le pouvoir, à ceux qui simplifient la démocratie jusqu’à la vider de sa substance, à ceux qui considèrent les équilibres institutionnels comme un obstacle.
La comparaison évoquée par Bachelet peut sembler forte, mais c’est bien de cela qu’il s’agit : non pas d’assimiler des époques et des drames, mais de rappeler que la Constitution n’est pas neutre. C’est un choix. Et ceux qui veulent la modifier en profondeur font un choix politique précis.
Bien sûr, on peut toujours se raconter que le vote a été « complexe », « articulé », « territorial ». Tout cela est vrai. Mais une vérité plus simple demeure : trop nombreux sont ceux qui ont voté sans percevoir ce qui était réellement en jeu.
Mémoire courte, justement.
Et la mémoire courte, en politique, est toujours un problème. Parce qu’elle ouvre la porte à ceux qui ont les idées très claires. Trop claires.





