C’è un’Italia che si lamenta di essere “massacrata”, e un’altra che viene massacrata davvero. Il ministro Giorgetti, commentando le critiche sulla manovra economica, ha parlato di un accanimento mediatico, di un fuoco incrociato da parte della stampa, dei sindacati, di Landini e della CGIL. “Mi hanno massacrato”, ha detto. Ma viene spontaneo chiedersi: massacrato da chi?
Non certo da chi ha perso il lavoro o non riesce più ad arrivare alla fine del mese. Non dai pensionati che vivono con 700 euro al mese e fanno i conti con bollette e farmaci. Non dalle casalinghe che non hanno mai avuto una pensione perché hanno dedicato la vita alla famiglia, e oggi si ritrovano invisibili, senza voce né tutela.
I veri massacrati sono loro. Sono gli anziani che devono rinunciare alle cure sanitarie perché le liste d’attesa si misurano in mesi e i soldi per una visita privata non ci sono. Sono i lavoratori che si spaccano la schiena con stipendi fermi da decenni mentre i profitti crescono. Sono i giovani costretti a stage infiniti, contratti precari, stipendi da fame e affitti da capogiro.
E mentre il ministro leghista e compagnia briscola parlano di “massacro mediatico”, l’Italia reale muore di stenti sociali e di indifferenza politica. È il Paese dove un disoccupato diventa un numero, un malato un costo, un anziano un peso. Dove il governo taglia, sposta, rinvia, ma non risolve nulla. Dove la sanità pubblica si sbriciola, la scuola si impoverisce, la casa resta un miraggio e i servizi essenziali diventano un lusso.
Chi si sente “massacrato” dalle critiche non ha idea di cosa significhi essere davvero sotto i colpi della povertà, della solitudine, della burocrazia che ti umilia. Giorgetti e compagnia briscola non sanno cosa voglia dire trovarsi davanti a uno sportello e sentirsi dire “non possiamo fare nulla”. Non conosce la vergogna di chi si mette in fila davanti a un Emporio Solidale per un pacco di pasta o un litro di latte.
La rabbia monta, perché la misura è colma. C’è un’Italia che non urla, ma sopporta. Che stringe i denti, che si arrangia, che sopravvive ogni giorno al proprio “massacro” silenzioso. E sentirsi dire da chi governa che il problema è “la stampa cattiva” o “i sindacati che scioperano” è un insulto alla dignità di milioni di persone.
Il vero massacro è quello sociale, quello quotidiano, quello che non fa rumore ma consuma. E chi ha il potere di cambiare le cose farebbe bene a tacere sulle proprie ferite mediatiche e guardare in faccia quelle vere: quelle dei cittadini, dei lavoratori, dei pensionati, delle donne dimenticate e dei giovani abbandonati.
Perché il Paese dei massacrati non ha più pazienza per i piagnistei dei massacratori. Avete capito ministro Giorgetti e compagnia briscola.
Massacratori e massacrati
Il y a une Italie qui se plaint d’être « massacrée », et une autre qui l’est vraiment. Le ministre Giorgetti, en commentant les critiques sur la loi de finances, a parlé d’un acharnement médiatique, d’un feu croisé venu de la presse, des syndicats, de Landini et de la CGIL. « Ils m’ont massacré », a-t-il dit. Mais la vraie question est : massacré par qui ?
Sûrement pas par ceux qui ont perdu leur emploi ou n’arrivent plus à boucler la fin du mois. Pas par les retraités qui survivent avec 700 euros mensuels, comptant chaque centime pour payer factures et médicaments. Pas par les femmes au foyer qui n’ont jamais eu de pension parce qu’elles ont consacré leur vie à leur famille et se retrouvent aujourd’hui invisibles, sans voix ni protection.
Les vrais massacrés, ce sont eux. Ce sont les personnes âgées contraintes de renoncer à des soins médicaux parce que les listes d’attente s’étirent sur des mois et qu’elles n’ont pas les moyens de payer une visite privée. Ce sont les travailleurs qui se brisent le dos pour des salaires figés depuis des décennies pendant que les profits explosent. Ce sont les jeunes condamnés à des stages sans fin, à des contrats précaires, à des salaires de misère et à des loyers exorbitants.
Et pendant que le ministre leghiste et toute sa clique parlent de « massacre médiatique », l’Italie réelle meurt d’épuisement social et d’indifférence politique. C’est un pays où un chômeur devient un chiffre, un malade un coût, un vieil homme un fardeau. Où le gouvernement coupe, reporte, déplace, mais ne résout rien. Où la santé publique s’effondre, l’école s’appauvrit, le logement devient un mirage et les services essentiels un luxe.
Ceux qui se disent « massacrés » par les critiques n’ont aucune idée de ce que signifie être réellement frappé par la pauvreté, la solitude, la bureaucratie humiliante. Giorgetti et compagnie n’ont jamais connu l’humiliation de se présenter à un guichet pour entendre : « Nous ne pouvons rien faire ». Ils ne connaissent pas la honte de celui qui fait la queue devant un Épicerie Solidaire pour un paquet de pâtes ou un litre de lait.
La colère monte, parce que la coupe est pleine. Il y a une Italie qui ne crie pas, mais endure. Qui serre les dents, se débrouille, survit chaque jour à son propre « massacre » silencieux. Et entendre ceux qui gouvernent dire que le problème, ce sont « les mauvais journalistes » ou « les syndicats qui font grève », c’est une gifle à la dignité de millions de citoyens.
Le vrai massacre, c’est celui du quotidien, celui du social, celui qui ne fait pas de bruit mais ronge lentement. Et ceux qui ont le pouvoir de changer les choses feraient bien de se taire sur leurs blessures médiatiques et de regarder en face les vraies plaies : celles des citoyens, des travailleurs, des retraités, des femmes oubliées et des jeunes abandonnés.
Parce que le pays des massacrés n’a plus la patience pour les jérémiades des massacreurs. Vous avez compris, ministre Giorgetti et compagnie.





