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FEDE E RELIGIONI | 27 febbraio 2021, 12:00

ÉVANGILE DE DIMANCHE: L'EXPÉRIENCE DE MORIAH ET TABOR

Deuxième dimanche du carême, B COMMENTO DI ABBÉ FERDINAND NINDORERA AL VANGELO DI DOMENICA 28 FEBBRAIO 2021 PAROISSE SAINT MARTIN DE CORLEANS - AOSTE - MESSE EN FRANÇAIS A 9H30

ÉVANGILE DE DIMANCHE: L'EXPÉRIENCE DE MORIAH ET TABOR

En ce second dimanche de carême, la parole de Dieu en particulier la première lecture et l'évangile nous rapportent deux expériences émouvantes:" Le sacrifice d'Isaac au mont de Moriah et la transfiguration de Jésus sur la montagne de Tabor. Quelle leçon ces deux événements nous donnent-ils au-delà des émotions qu'ils suscitent?
1. Le sacrifice au pays de Moriah.

Sur la montagne de Moriah se passe quelque chose d'anormal sur le plan humain. Il s'agit d'un père qui sacrifie son propre fils, un fils unique, un fils de la vieillesse, sous un ordre de Dieu invisible. Il s'agit d' Abraham qui obéit inconditionnellement au "Totalement-Autre" qui dispose la totale liberté sur toute la création. Le propre du sacrifice est d'être unique, aimé, si bien qu' il provoque toujours la mortification. Dans l'oeuvre de Søren Kierkegaard,"Crainte et tremblement" Abraham apparaît comme un monstre quand il prend le couteau pour tuer son fils bien aimé, car on ne peut pas être assassin de son fils, sans être un monstre.

Kierkegaard met en scène cet épisode en mettant dans la bouche d'Abraham devenu un sauvage ces paroles:"Je préfère paraître comme un monstre devant toi mon fils que perdre la foi en mon Dieu". Et Isaac crie:"Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, comme je n'ai pas de père sur cette terre, sois toi-même mon Père". Kierkegaard dit qu'à ce moment même, Dieu entend le cri d'Isaac et envoit un ange qui prend le couteau. Abraham en levant les yeux, il vit un bélier qui doit être sacrifié à la place de son fils. La vérité dans cet événement de Moriah est que la foi grandit dans le creuset de la purification. Cette expérience d'Abraham qui sacrifie son fils par pure obéissance à Dieu, annonce la croix du fils de Dieu au calvaire, sa mort et sa resurrection. La seconde lecture de saint Paul aux romains le dit bien que "Dieu n'a pas refusé son propre Fils, il l'a livré pour nous tous".

2. L'expérience du disciple au tabor.

Contrairement à l'expérience de Moriah qui crée l'angoisse, la transfiguration du Seigneur suscite l'émerveillement, l'enthousiasme des disciples. L'évangéliste Marc racconte: "Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l'écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux". Mais, pourquoi Jésus invite seulement trois disciples et non les douze? La raison est simple: Jésus en révélant sa gloire à ces trois disciples veut la discrétion. Il s'agit d'un secret messianique qui se dévoilera progressivement jusqu'au matin de Pâques.

3. Contre l'instinct de stabilité.

Pierre devant la gloire de Jésus, dit:  "Seigneur, il est beau pour nous de rester ici". Contre l'instinct de stabilité, Maurice Blondel, le philosophe français dit: "il est necessaire de ne pas s'arrêter". Le disciple du Christ doit renoncer à tout lien limitant la liberté de suivre l'Unique Nécessaire.
Pierre, selon la caractérologie de Le Senne, serait classé parmi les primaires, impulsifs. Il a un franc parler même s'il se trompe souvent. En voyant la splendeur de Jésus avec des vêtements resplendissants d'une blancheur sans pareille, Il dit:"Rabbi, il est heureux que nous soyons ici; dressons donc trois tentes: une pour toi, une pour Moïse et une pour Elie".

L'intention n'est pas mauvaise. Pierre aime le Seigneur d'un coeur sans partage. Il veut construire trois tentes, jusqu'à l'oubli de soi. Pour lui, ce qui importe est que Jésus, Moïse, Elie aient chacun une tente. Mais il oublie que c'est Dieu qui nous construit une tente et veille sur nous. Dans sa spontanéité, Pierre veut être un bienfaiteur de Dieu. Sans en rendre compte, il se présente comme un organisateur du règne de Dieu. L'évangéliste fait cette ironie:" il ne savait que répondre, car ils étaient saisis de frayeur ".

C'est dans cette situation de confusion que la voix du Père se fait entendre dans la nuée: "Celui ci est mon Fils bien aimé, écoutez-le". L'écoute et l'obéissance constituent deux pôles d'une même réalité, celle du don total de soi-même. Le disciple du Christ doit être constamment à l'écoute du Verbe pour se libérer de l'instinct de stabilité qui rend stérile la mission.

4. Prière

Seigneur notre Dieu, l'instinct d'attachement des choses qui passent nous guête dans ton église. La tendance de stabilité là où il fait beau vivre nous tente. Nous sommes devenus des spécialistes dans la planification pastorale, dans le calcul des coûts pour la construction des tentes, mais dans cette agitation, le temps de l'écoute de la parole de vie de ton Fils bien aimé, nous fait défaux. Oh Dieu riche en miséricorde, viens à notre aide. Augmente en nous la foi et la joie de te servir. Aides- nous à discerner ce qui est urgent et nécessaire, pour le salut de ton peuple et pour ta plus grande gloire.
Amen.

 

Paix et joie dans le Seigneur.
Bon dimanche de carême frères et soeurs

 

Ton frère Abbé Ferdinand Nindorera

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